La Création et...
les élections européennes !
Qu'y a-t-il de commun entre l'acte créateur, tel que nous le raconte le livre de la Genèse et les élections européennes ?
N'est-ce pas surprenant de nous poser cette question en ces termes ?! Alors, regardons-y de plus près.
Le récit de la création n'est pas un traité scientifique. Il ne poursuit pas la quête d'une vérité objective. Certes, comme tous les mythes, il pose la délicate question du commencement. Quand et comment notre monde, notre civilisation a-t-elle débuté ? Ce récit propose des pistes pour penser notre origine. Et lorsque l'on lit ce mythe fondateur1, deux pistes nous sont données :
- Le monde n'est pas créé de rien : quelque chose préexiste avant l'intervention divine. C'est le règne du tohu-bohu, des ténèbres, de l'abysse et du chaos.
- L'acte créateur de Dieu est un acte de parole : « que la lumière soit » ; « qu'il y ait une voûte au milieu des eaux pour séparer les eaux des eaux... » ! Par cet acte de parole, Dieu ordonne, agence, aménage le monde. Il crée, par cet agencement, un espace de vie.
Avant que nous vivions dans cet espace de vie défini par les institutions européennes, l'Europe existait. Tantôt napoléonienne, tantôt hitlérienne, l'Europe est la fille du chaos, des ténèbres politiques. Des millions de morts précèdent sa naissance, son commencement. Il fallut également un acte de parole, ou plutôt, que des pays se donnent leurs paroles, pour que la réconciliation, puis la paix se dessinent sur le vieux Continent.
Cette histoire tragique, l'enfant de Moselle que je suis, la ressent dans sa chair. A l'heure où le tumulte, les peurs, les replis identitaires - le tohu-bohu - font vaciller l'Europe, que pouvons-nous faire ?
Tout d'abord croire !
Croire que Dieu habite chaque acte de parole qui construit et fait grandir notre volonté de vivre ensemble, dans la différence.
Rechercher le bien commun à 27 n'est pas aisé, mais n'est-ce pas mieux que se quereller ?
Ne nous faut-il pas, également, croire que nous sommes dans un perpétuel re-commencement ? L'oeuvre n'est jamais accomplie.
Enfin, après l'acte de foi, l'action ! Il nous faut agir. Lorsque Dieu sépare les eaux des cieux, Il agit avec discernement. En pratiquant ces distinctions, Il permet à chacun de trouver sa place. C'est en étant soi, que l'on peut découvrir l'autre. Agir pour la paix en bâtissant des institutions justes pour tous où la démocratie rime avec les mots « confiance » et « espérance ».
Agir, en nous exprimant le 7 juin 2009. Votons non seulement parce que nous sommes des citoyens responsables mais parce que c'est aussi un moyen d'exprimer notre croyance en un Dieu créateur, qui prend plaisir lorsque des espaces de vie s'édifient dans le respect des différences.
1 Gen 1 : 1 - 2 : 3
Olivier Putz