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Un voeu pour l'an nouveau?
La vérité
Il y a d’abord, quand même, la vérité à souhaiter pour la vie publique et dans le débat politique. L’année 2012 sera une année à élections ; voilà une raison pour ne pas laisser de côté la question de la vérité.
Considérer les hommes (et les femmes) politiques comme des menteurs, la politique comme un terrain de manipulations, c’est un comportement cynique, une attitude de paresseux refusant de se coltiner avec le réel. De l’action publique nous devons attendre qu’elle soit vraie, sans fraude au moins, sans intention de tromper. Des programmes et discours politiques nous devons exiger qu’ils disent la vérité. Même si nous voyons là tout le débat qui s’ouvre, justement !
Mais alors : qu’est-ce que la vérité ? On sent bien qu’on ne dit pas la même chose, quand on dit :
– Est-ce que tu m’as bien dit toute la vérité ? – Docteur, la vérité s’il vous plaît... ou encore : – Il a dit toute la vérité !....
Au tribunal aussi se pose la question de la vérité : établir les faits avec exactitude, dévoiler la personnalité de chacun, son histoire singulière, les circonstances, la motivation... Il n’y a pas de vie privée, tout est sorti.
Et puis le tribunal suit une procédure pour juger. Chacun y tient son rôle ou chacun fait ce qu’il peut : silences… déception. Est-ce la vérité ? C’est la vérité nécessaire pour les juges ou les jurés, pour la délibération. C’est tout. La vérité judiciaire est nécessaire ; elle n’est pas la vérité.
La notion biblique de vérité donne de la lumière. Dans l’hébreu du 1er testament, la vérité n’est ni une notion philosophique abstraite, ni simplement l’exactitude d’un récit. C’est un rapport au réel qui est solide, fidèle, fiable dans la durée. La garantie d’une promesse tenue.
Vérité (Emet) est de la même racine que Aman (être solide, fiable, constant... fidèle) – c’est de là que vient le Amen, la solidité invoquée à toute prière.
Est “vrai” ce à quoi l'homme peut se fier, vers quoi il peut orienter sa vie. Le “chemin de la vérité” est le bon chemin, celui qui conduit au but. Une “paix de vérité” est une paix durable.
La vérité n’est pas l’énoncé de doctrines. “Faire” la vérité, c’est vivre : selon le chemin vrai, vivre selon la lumière, venir à la lumière (Jean 3.21). Jésus s’est présenté comme “chemin, vérité, vie” (Jean 14.6) : pour le suivre.
La vérité ? Je veux m’y attacher comme à un pacte qui me lie au réel, à ce qui tient et qui me tient. Un pacte qui nous rend, nous les humains ‑ les fidèles justement ‑ solidaires les uns aux autres, solidaires à Dieu.
Et vous ?
Zoltan Zalay |