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Choisir
Il y a quelque temps, dans le cadre de la pastorale consistoriale, nous avons travaillé sur un texte : « Lorsque Paroisses et Pasteurs cherchent à bien se choisir » dans lequel nous avons suggéré que ceux qui rencontrent le pasteur candidat pourraient : « lui demander … d’indiquer ses auteurs de référence et de présenter ce qu’il en apprécie ». Nous avons voulu suggérer par ceci un moyen d’aborder la théologie d’un candidat, car selon l’expérience de ceux qui ont préparé ce livret, ce domaine n’est pas souvent abordé lors de l’entretien.
Cette année, dans la pastorale, les uns et les autres ont présenté, tour à tour, la théologie qui les anime : celles de Paul Tillich ou d’Eugène Drewermann, la théologie du Process, Post-libérale et autres. Echange passionnant, car pour chacun, la construction théologique sert à étayer, à structurer, à orienter et à irriguer sa foi personnelle et son ministère.
Sans doute, avez-vous déjà repéré le parallèle que je vise, en ce temps d’élection ! Avez-vous voté selon la politique, la pureté doctrinale, la capacité de rassembler ou la tête du bonhomme?
Quel poids donner, donc, au courant théologique auquel adhère le pasteur candidat ? Il est vrai que certaines paroisses ont une forte coloration dans ce domaine, mais il semblerait que dans notre consistoire, au moins, on accueille sans difficulté une alternance théologique.
D’ailleurs, on pourrait fantasmer sur la démarche des uns et des autres, si par bonheur dix candidats concouraient pour le poste d’Elbeuf – les uns se vantant du fait que leur théologie libérale permettrait à la paroisse de rayonner plus dans la cité, tandis que les autres promettraient des offrandes accrues, avec un pastorat fondé sur l’orthodoxie biblique qui prône la notion de la dîme.
Mais pour revenir à notre pastorale, j’apprécie beaucoup cette expérience fraternelle, où diverses options théologiques se manifestent à travers la personnalité des uns et des autres, et où nous apprenons à nous connaître entre pasteurs à ce niveau aussi. J’ai le sentiment que ces échanges fortifient l’ensemble d’une manière saine, et fort de cela, je me demande dans quelle mesure ce genre de démarche peut être partagé par tous.
Cela me renvoie vers le parallèle citoyen : Saisir les enjeux des différents courants politiques (les philosophies dont ils s’inspirent, les figures qui les ont marqués et les influencent toujours) n’est pas le seul apanage des politologues et autres spécialistes. Bien d’autres peuvent, moyennant un certain effort intellectuel, se forger leur propre opinion, fondée sur une telle connaissance.
Et dans la mesure où cette démarche promeut la santé « politique » de notre pays, de même la santé de l’Eglise sera d’autant renforcée, que ses membres s’investissent à comprendre pour eux-mêmes les différentes orientations théologiques qui existent aujourd’hui, et la manière dont celles-ci influencent leur foi.
Quentin Braddock |