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Vers un christianisme à vivre dans la rue 
Wilfred Monod, pasteur à Rouen de 1898 à 1907, a été complètement dans son temps, c’est pourquoi il n’est pas du passé. Il est aujourd’hui dans l’ombre de son fils, Théodore Monod, né à Rouen, mort à Versailles en novembre 2000, et qui bientôt - à dix-ans de sa mort - sera remis sur le devant des médias : l’humaniste, le croyant, le militant pacifiste, l’explorateur des déserts.
C’est l’occasion de montrer tout ce que Théodore tient de son père et qu’ils nous apportent ensemble. Bien sûr, l’intérêt pour les choses de la nature. Absolument fascinante, l’évocation par Wilfred Monod de sa visite à un savant entomologiste : “...le pommier a 282 ennemis connus... la piéride du chou...les abeilles...”. - Pas étonnant que le petit Théodore va s’y intéresser !!
...“Avant de quitter cet adorateur de la nature, je hasarde quelques mots de mes entretiens contradictoires, à l’Université Populaire, sur des questions philosophiques et religieuses”. Débattre et non endoctriner, ouvrir les esprits, voilà tout Wilfred Monod. Voilà qui est dans les idées d’aujourd’hui, mais arrivons- nous mieux à ouvrir nos Cafés-Théo, nos Café-Philos, nos Universités Populaires...ou nos Carrefours ? - le savant s’est récusé : “...savoir si Dieu existe, ça ne m’intéresse pas plus que de savoir si le petit Poucet a existé ?” - Voire.
Monod était de son temps et face à son temps. Dans une société violemment divisée, qui vient de vivre l’affaire Dreyfus, récusant les exclusions sectaires, il invite les Libres-penseurs à être des penseurs libres. Les chrétiens aussi : suivre le Christ, ce n’est pas un endoctrinement : “pour interpréter Jésus, il. faut recourir aux voyants de l'Ancien Testament, ... aux psalmistes et aux prophètes, plutôt qu'aux formules dogmatiques élaborées par les spécialistes de l'orthodoxie traditionnelle à coups de décisions majoritaires, dans des assemblées délibérantes et, parfois, délirantes”
A Rouen, W. Monod s’est montré actif sur les questions sociales. Il est convaincu que le “christianisme” est “social”, parce qu’il proclame le Royaume de Dieu, et que ce Règne concerne le monde. « Dieu a tant aimé le monde... ». Le christianisme social n’est pas une option parmi d’autres, il est la voie qui dépasse les clivages entre traditionalistes et libéraux. Et nous voici dans le thème synodal de l’an dernier, non ? Egalement dans le thème de la pétition lancée cet été « pour une relance du Christianisme social » avec une rencontre à Paris prévue le 2 octobre.
L’espace me manque pour évoquer la Fraternité spirituelle des veilleurs, fondée en 1923 par Wilfred et Théodore. Des trois règles de la fraternité, je ne vous laisse que la plus simple : à midi, chaque jour relire, redire les béatitudes : « Heureux... » (Mat. 5.3ss.).
On y va ?
Zoltan Zalay
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