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Klaxonnez si
vous avez lu cet édito !
Pour
moi au moins, assister aux rencontres
autour du projet de vie produit l’effet escompté : cela provoque des
questionnements sur notre vie d’église :
D’abord, en énumérant nos
désirs pour elle, un participant propose « Etre plus nombreux ». Une
évidence à prime abord. Mais pourquoi toujours vouloir être plus
nombreux ? Ou dit autrement, quelle serait la taille idéale pour notre communauté :
100, 500, 1000 ?
En
second lieu, une forte conviction qui nous distingue est le refus de tout
conformisme : « pas de pensée unique ». Chacun doit être libre
de comprendre la Bible et vivre sa foi comme il entend… et pourtant on a dit
également que « l’église doit pourvoir un cadre où partager nos
convictions communes ». J’y vois des cercles et des carrés à
réconcilier ! Comment encourager l’individualité et une pluralité
volontaire, tout en définissant un cadre ? Comment distinguer entre celui
qui est sympathisant celui qui fait partie de la communauté ?
Pour
l’instant je n’ai pas de réponse, mais un autre élément a aussi soulevé des
interrogations : C’est le peu de répondant que notre invitation a eu dans
certains quartiers – seulement 1 ou 2 participants sur une liste de 50 ou 100
noms. Quelle leçon tirer de cette expérience ? Certes, il y a des
empêchements de tous genres, mais cela me fait croire qu’une partie
significative de ceux qui constituent les 650 foyers qui reçoivent Le Lien ont du mal à se sentir concernés
par l’Eglise. Eux – vous – non plus, loin de ces considérations théologiques,
vous n’êtes pas au clair en ce que consisterait votre appartenance.
Cette
faible réaction à notre invitation à tous à participer à des réunions pour
réfléchir sur le projet de l’église me fait penser à un corps qui reste inanimé
quand le médecin pique différents membres. Faut-il croire que l’aiguille est
épointée, (que la lettre d’invitation était dans un charabia opaque), que le
corps est dans un état de coma ou pire (que votre appartenance à l’église se
résume à une épitaphe ) ou que le système nerveux est touché (que la
communication entre les différentes parties du corps passe mal ou pas du tout).
Pour
ma part, je privilégie la dernière hypothèse – elle nous rend tous responsables
– ce n’est ni « nous, le CP » qui communiquons mal, ni « vous,
lecteurs du journal » qui répondez mal, mais une défaillance dans ces multiples
petits liens névralgiques entre nous qui font que lorsqu’une mouche se pose sur
l’oreille, le corps réagit pour la déloger. De plus, que cela se fasse par la
patte arrière de la souris ou par la trompe de l’éléphant, l’essentiel est
d’être un corps intègre.
Et
comme le kiné commence avec des exercices simples pour faire revenir la
sensation dans un membre, je vous invite, vous qui avez lu jusqu’à ici, à
klaxonner, ou au moins à faire signe, la prochaine fois qu’on se croise !
C’est la première étape vers une forme olympique. Au fait, passez un bon été,
que ce soit à Pékin, sur la plage ou chez vous.
Quentin
Braddock
La joie des
troubadours
Ils
seront 29 résidents choristes qui feront
ce grand voyage entre la Fondation John Bost, à côté de Bergerac, et Rouen le 9
juillet prochain, encadrés par 11 personnes (moniteurs et personnes bénévoles
participant à la chorale). C’est une véritable expédition en effet, pour ce
groupe, que d’effectuer un tel trajet pour vivre quelques jours de l’Armada
mais aussi pour se produire en concert.
D’abord
à Roumare où ils chanteront devant les résidents de Sarepta, le jeudi 10
juillet à 15h. Et ensuite à la Cathédrale de Rouen le vendredi 11 à 14h. Venez
nombreux les accueillir et les écouter.
Il
y aura certainement un peu d’excitation dans l’air, mais sans doute beaucoup de
fierté et de joie dans les yeux. Surtout quand on se nomme « les
Troubadours de la joie ».
Marie-Christine
Corruble
A l’Armada,
un moment d’oecuménisme
Les organisateurs de l’Armada ont inscrit deux
moments religieux dans leur programme. Une messe télévisée le dimanche 6
juillet, et un temps de prière œcuménique de 12h 30 à 13h le dimanche 12. Le
cheminement qui nous a conduit à la forme finale de ce deuxième temps a été un
vrai travail œcuménique – des échanges à partir de nos différents positions, en
vue d’un projet concret – le temps commencera par une liturgie orthodoxe,
suivie de prières et message en français, espagnol et anglais, avec la
participation d’une chanteuse venant des églises évangéliques, de l’archevêque,
Jean-Charles Descubes et de nos deux pasteurs. Nous espérons que cette belle
collaboration se verra et parlera aux visiteurs de l’Armada qui assisteront en
direct, devant le ponton d’honneur (rive droite entre les ponts Guillaume le
Conquérant et Gustave Flaubert) ou qui entendront à travers les haut-parleurs
du site entier.
Quentin Braddock
Pour ouvrir le temple Saint Eloi pendant
l’Armada : nous faisons appel à vous !
Il
y sera présenté à nouveau l’Exposition
Martin Luther King : 21 panneaux, vidéos sur ordinateurs,
documentation et librairie à la vente. Chaque jour il y aura au moins une
visite guidée (à 15h).
Il
s’agit d’accueillir les visiteurs et de les guider sommairement dans
l’exposition. Mais aussi pour présenter le temple Saint Eloi aux visiteurs
avec l’aide de notre brochure, expliquer ce que sont les protestants
(les gens ne le savent pas) et pourquoi pas avoir l’occasion d’un échange sur
la foi chrétienne, car l’histoire de Martin Luther King est une introduction
intéressante pour des échanges.
Un
accueil pour les enfants est envisagé avec Nadine Marcos. Pour y participer,
merci de l’appeler au 02 32 82 05 21.
Pour
qu’il y ait toujours trois accueillants ensembles, il faut assurer 42
permanences. Merci de vous inscrire auprès du pasteur Zalay au 02 35 71 67
14 ou 06 09 05 43 04 ;
LE ROND-POINT
Créé en septembre 2003 dans
le but d’accueillir des personnes en recherche, d’être un lieu de réflexion, de
découverte et d’approfondissement de la foi, ce groupe d’évangélisation se
réunit chaque mardi à 18h30 à la maison paroissiale.
Bien que toujours fidèles au projet initial et
toujours prêts à accueillir une nouvelle personne en recherche, ses
« piliers » ont surtout assisté à la formation d’un groupe de
« fidèles » qui, même s’ils acceptent la suggestion d’aller découvrir
autre chose, reviennent au Rond-Point.
Qu’y faisons-nous ?
- Après un temps assez court d’accueil et d’échange
de nouvelles, nous chantons Dieu.
- Quand une personne vient pour la première fois,
elle est toujours prioritaire pour décider du sujet de la réunion ; de
même si c’est un « habitué » qui souhaite débattre avec le groupe
d’un point de foi particulier.
- Le plus souvent, après les chants, nous passons à
la lecture d’un texte de l’Evangile (lecture suivie de semaine en semaine)
commenté ensuite librement dans le but de dégager ce que ce texte a suscité en
nous. Chacun peut s’exprimer –ou non- sans réserve ni timidité car les
« animateurs » n’ont aucune formation théologique particulière ;
ils sont simplement des chrétiens convaincus passionnés de la Parole,
profondément désireux d’annoncer ou de rappeler la Bonne Nouvelle et de
témoigner de la puissance et de la présence de Dieu dans leur vie.
Le Rond-Point insiste beaucoup sur le fait que notre
Dieu n’est pas un Dieu intellectuel mais vivant et proche de ses enfants.
Une remarque de l’un, une question de l’autre, un
verset qui interpelle : le partage est animé et chacun est important.
- Un chant, une prière terminent la réunion.
Nous n’avons pas été témoins de conversions
spectaculaires mais je pense pouvoir affirmer qu’au cours de ces cinq années de
fonctionnement, nous avons tous progressé dans la découverte de la Parole don
de Dieu, de Jésus et du message évangélique. Le plus important est entre les
mains du Seigneur qui « donnera la pluie pour la semence mise en
terre » (Esaïe 30,23).
En forme de conclusion :
- Le nombre de convaincus augmente (personnes ayant
une foi affermie). Outre les personnes extérieures à la paroisse, catholiques
pour la plupart, certains paroissiens se joignent maintenant à nous
assez régulièrement. Personne n’envisage d’arrêter.
- Il
nous arrive parfois de découvrir chez un ami, un voisin, une quête spirituelle,
mais sans désir de franchir la porte d’un lieu de culte ou de rencontrer un
pasteur.
Pourquoi
ne pas l’inciter à venir au Rond-Point1 ? C’est aussi une forme de l’évangélisation.
Colette Bernard c
1 Les
animateurs du Rond-Point réfléchissent à son évolution (lieux diversifiés( ?),
fréquence nouvelle des réunions, nouveaux animateurs en relais- tuilage de l’équipe
actuelle… (ndlr)
L’expo
« MLK-40 ans après
492 personnes
ont été
accueillies au temple Saint Eloi entre le 17 et le 27 mai.
La
pointe a été naturellement atteinte le dimanche 25 mai : 85 visiteurs,
plus l’assistance du culte. L’exposition est encore restée visible pour le
dimanche 1er juin, culte de la fête du consistoire qui rassemblait quelque 200
participants de toute la Haute Normandie.
36 personnes
se sont
relayées pour accueillir les visiteurs, chacun faisant souvent plusieurs permanences.
Dans les Medias. Une interview est
parue dans Paris-Normandie, Deux émissions de Radio ont été enregistrées (l’une
sur RCF pendant l’expo ; l’autre a été enregistée dernièrement sur Radio
HDR, la Radio des Hauts de Rouen et devrait être diffusée maintenant).
Nous
avons vendu :
des magazines, des livres et des DVD sur Martin Luther King, publications spéciales
pour cette exposition = 73 publications (dont 19 achetées par les accueillants
eux-mêmes) pour un total de 316 €. Ainsi que des ouvrages du comptoir
paroissial : 11 ouvrages pour 167 €.
Mais qu’il n’y ait pas de méprise : le bénéfice des ventes (une
soixantaine d’euros) ne couvrira pas les frais de l’exposition. Nous ne vendons
pas pour payer nos frais (800 à 1.000 €), mais pour faire connaître Martin
Luther King... et l’évangile aussi (!).
Des dons. Nous avions mis une
grande boîte “Participation aux frais de l’exposition”, mais à vrai dire sans
vraiment pousser les gens à participer. Par là, nous avons reçu
143,37 €.
Le Concert Gospel des Compagnons de
l’Arche a eu une assistance de
près de cent personnes. Pour les trois-quart, il est vrai, des membres de nos
paroisses de Rouen et d’Elbeuf. Ce n’est pas mal vraiment, tant il est difficile
de se faire annoncer... et vu que, 15 jours seulement avant la soirée nous
avons dû la délocaliser du temple.
Les manifestations
publiques n’étant plus autorisées au temple, la soirée du 17 mai s’est tenue à
la chapelle du C.H.U. Un grand Merci aux services de la Mairie (Affaires
Culturelles), au CHU et à M. Denis Lucas (Attaché Culturel), à l’aumônier
catholique du CHU, l’abbé Patrice Lièvre. Encore plus à Hanta Ramahaleo (notre
aumônier du CHU) et à Njacka qui tout l’après-midi ont encadré et facilité
l’évènement !
Ce
fut une très belle soirée, une soirée-culte avec le groupe du pasteur Jacques
Fischer. Ce sont des amateurs, mais solistes quant à la qualité. Chaleur et
ferveur, et juste ce qu’il faut en paroles pour partager en profondeur les
Gospels, chants d’espérance, de foi et de marche. Jacques et son équipe avaient
révisé tout leur programme pour témoigner ce soir-là de l’expérience de Martin
Luther King.
Les
523 € de la collecte couvriront les frais de déplacements des Compagnons de
l’arche, il faudra ajouter quelque chose pour leur indemnisation.
La soirée sur Les Droits de l’étranger, avec Joël Le Billan
(Cimade Normandie) a réuni trente personnes
à la maison paroissiale. Ce n’est réellement pas beaucoup, mais on ne peut pas
attendre ni d’avoir des foules ni taire les informations et les préoccupations
qui doivent être partagées. L’intrusion, presque banale, aujourd’hui, dans la
vie personnelle et privée des gens, dans la chambre à coucher... Merci à
Joël pour la clarté et la mesure de ses avis, à Jeannette pour son
accompagnement, et à toute l’équipe de la Cimade de Rouen pour son travail
quotidien.
Le
spectacle-Débat “Au jour le jour - Itinéraire d’un sans trace”. Grande et belle
émotion. Ce dimanche 25 mai, la salle de la Banque Alimentaire était scène et
amphithéâtre. Olivier Latron (TPK), comédien, avait complètement remanié,
répété, appris et pris sur lui l’histoire véridique de Robert Lefort, dont il
nous avait déjà donné deux lectures publiques en décembre et en avril. Émotion
de l’éditeur, Christophe Chomant, entendant et voyant - enfin -
re-surgir la figure de Lefort, le sans-trace qu’il ne voulait pas laisser
oublier. On nous demande, on nous invite : « Il ne faut pas
laisser ça, il faut le redonner ensemble, catholiques et protestants... Quand,
comment, où... ? ».
Nous
étions 40, dont quelques personnes, qu’on appelle “bénéficiaires”, de la Distribution Alimentaire. La recette
(185,60 €) a été remise à la compagnie TPK.
Zoltan Zalay
Supplément
au Lien Fraternel des
Eglises
Réformées d’Elbeuf et de Rouen
L’Eglise virtuelle…
…Avec la toile ?
« On n'arrête pas le progrès. »
La
façon dont on prononce cette phrase dit long sur notre vision de
l'avenir.
Certains
proclament leur confiance inébranlable dans un avenir toujours plus utopique –
le ciel sur terre grâce aux innovations technologiques. C'est l'esprit de la
modernité qui met la Grande Arche de la Défense en face de l'Arc de Triomphe.
Certes, on construit sur les acquis du passé, mais nos édifices sont toujours
plus grandes, plus fortes, plus complexes. Nous maîtrisons progressivement
notre environnement, avec, nous disons-nous, l'approbation du Dieu qui, dans
une ère combien plus primitive, nous a ordonné de soumettre la création.
L'avenir nous appartient – c'est le cas de le dire !
Mais,
de plus en plus, le revers de la médaille moderniste nous préoccupe. Si, la
médecine a augmenté notre attente de vie, elle crée également maints nouveaux
dilemmes éthiques, du clônage à l'euthanasie. On se demande comment vivre, et à
quel prix. Si la pétrole nous a permis de quitter nos villages dans nos
voitures, et de parcourir le monde dans nos avions, nous réalisons que la
planète entière encaisse les conséquences de notre consommation toujours plus
avide. Si la science nous a ouvert les yeux sur les mystères du cosmos et de
l'électron, il nous a également confié la capacité de tuer à l'échelle de
grandes villes. Nous n'avons pas besoin d'ouvrir nos Bibles pour soupçonner que
le sol est maudit à cause de nous. Hélas, on n'arrête pas le progrès.
Retourner
directement à un monde sans industrie, sans éducation universelle et sans
démocratie n'est pas réaliste. Mais le constat se généralise : le progrès ne
doit jamais devenir une fin en soi. La quête humaine doit dépasser les limites
de la modernité. Et cette quête nous amène tout droit à la post-modernité.
L'église protestante est née
en même temps que la modernité, et a su profiter de ses fruits. Qui aurait eu
accès à la Bible ou aux Instituts de Calvin sans l'imprimerie de Gutenberg ? Et
qui en France aurait compris ces textes sans que les premiers protestants ne
tentent l'audace d'exprimer des vérités divines en français, langue dite
« vulgaire » ? Nos ancêtres en la foi ont innové et improvisé
afin que la Parole de Dieu devienne de nouveau chair dans la vie des croyants.
Cinq cents ans plus tard, la modernité entre en troisième âge, et notre culture
évolue à grande vitesse. Vivre la réforme au vingt-et-unième siècle doit passer
par le radicalisme des premiers réformateurs. Nous devons nous approprier de
nouvelles technologies et apprendre à nous exprimer dans de nouvelles langues
vulgaires.
Mais attention – qui dit
radicalisme dit fond, et non seulement forme. Il ne s'agit pas de plus de
guitares et moins d'orgues, ou de plus de t-shirts et moins de cravates. Les
questions posées par la post-modernité sont bien plus profondes. Prenons deux
exemples...
Qu'est-ce qu'une paroisse dans
un monde de TGV et de téléprésence ? Combien de nos paroissiens travaillent,
étudient, se détendent et font leurs course au sein d'une seule paroisse ? Que
nous l’approuvions ou non, nous n'habitons plus des villages isolés avec un
clocher au centre. Aujourd'hui nous participons chacun à plusieurs communautés
délimitées par centre d'intérêt. L'église ne peut plus compter sur la
géographie. Peut-être doit-elle plutôt retrouver le sens original de
« paroisse ». Le mot grec paroikos utilisé dans le Nouveau
Testament décrit des étrangers et des pèlerins. Dans la post-modernité, le
clocher de l'église sonnera depuis les marges de la société, et – espérons-nous
– dans toutes les différentes communautés qui en font partie.
Comment communiquer un message
ancien dans un monde de blogs, de vidéo sur demande et de textos ? Tout va dans
le sens de dialogue et de vécu. Mais, à regarder nos églises, on dirait que le
message de la Bible ne puisse se communiquer que par une monologue, délivré par
une personne en autorité et reçue dans le silence. En fait, le sermon est une
forme culturelle parmi d'autres qui n'était pas normative pour les premiers
chrétiens. Jésus posait souvent des questions ouvertes, et racontait sans cesse
des histoires. Dans la post-modernité, l'autorité biblique doit parfois
s'exprimer avec un point d'interrogation, et l'apprentissage de notre histoire
passera par des histoires. Il se peut aussi que les nouveaux-venus découvrent
d'abord le vécu et qu'ils disent « Je vois » avant « Je
sais ». Ce qui sous-entend que l'église aurait quelque chose à offrir au
niveau du vécu...
Quentin
Braddock
Saint
Pixels
Ca m'arrive assez souvent d'aller au culte le soir,
vers 22H00. Ce n'est pas toujours évident au bout d'une longue journée, mais ça
fait du bien de retrouver des amis qui partagent les mêmes valeurs
spirituelles. Le culte ne dure que vingt minutes, puisque, pour nous, il est
tard, et, pour nos amis d’ Amérique, la pause de midi prend fin. L'assemblée
est en effet cosmopolite, comme dans
beaucoup d'églises, mais à une différence près : les étrangers ne le sont pas,
puisque chacun reste dans son pays natal. Ceci se peut uniquement dans une
église dite virtuelle qui fonctionne via l'internet.
Depuis quatre ans je participe dans des églises
virtuelles, notamment St Pixels, un projet à l'origine méthodiste qui regroupe
maintenant des membres de toutes traditions. Tous les jours plus de cent
internautes tapent leur mot de passe afin de contribuer aux forums de discussions,
aux blogs et aux cultes en temps réel. Certains découvrent le site par Google
ou par des amis, mais la vive intérêt des médias nous aide aussi, y compris la
presse nationale et le BBC ( radio et télévision ).
On imagine parfois qu'une église virtuelle ferait la
joie de ces ados mythiques qui fuient le relationnel. Mais St Pixels attire
plus de femmes que d'hommes, et plusieurs de nos membres sont à la retraite.
Certains étaient autrefois actifs dans l'église, ont perdu contact pour des
raisons plus ou moins traumatiques, et l'internet leur permet de reprendre des
habitudes religieuses sans devoir tout de suite franchir le seuil d'un bâtiment.
D'autres – mères de jeunes enfants, professionnelles avec un emploi de temps
qui proscrit le culte dominical, ceux avec un proche handicapé à domicile –
aimerait bien assister plus souvent à un culte, et l'internet permet à
l'église d'être présente. Encore d'autres aiment bien leur église locale, mais
apprécient aussi les aspects internationaux et inter - confessionnels de St
Pixels.
Il faut à
tout prix éviter un faux dualisme qui créerait un gouffre entre le
" monde réel " et le " monde virtuel ".
Celui qui agit comme si le commerce virtuel n'est pas réel finira vite avec un
interdit bancaire. Les internautes sont des personnes à part entière, utilisent
l'internet pour répondre à des besoins humains, et répondent viscéralement à ce
qui se produit sur leurs petits écrans. Les membres de St Pixels s'écrivent,
s'envoient des cadeaux, et se rencontrent quand l'occasion se présente.
En avril 2008, 48 membres ont passé le weekend
ensemble, et leur rencontre a fait l'objet d'une documentaire du BBC. Bientôt
nous attendons notre premier mariage, entre un anglais et une américaine qui se
sont rencontrés d'abord devant leurs ordinateurs respectifs.
L'historien
peut se contenter de se lamenter de la disparition d'une société où chacun se
nourrissait de livres et vivait en profonde communion avec son voisin – si
toutefois une telle société n’ait jamais existé. Mais l'église doit s'efforcer
aussi de s'engager avec les réalités de la vie contemporaine. L'internet fait
partie du vécu de la majorité des français, et doit donc figurer dans nos stratégies
de témoignage et de catéchisme. Car l'évangile a des implications pour chaque
aspect de notre vie, y compris notre vie virtuelle.
Marc Howe c
Mark Howe,
l’auteur de ce témoignage, membre de l’Eglise réformée de Cavaillon, et aussi
membre fondateur de St Pixels (http://www.stpixels.com/view_releases.cgi) sera
présent au Rassemblement Régional de Jeunes qui aura lieu à Dieppe du 31 octobre
au 2 novembre.
Ecoute dit le
Seigneur
Il
n’a pas dit « écoute la radio » et pourtant ! Se mettre à
l’écoute de la Parole de Dieu annoncée le dimanche dans une communauté et
retransmise sur les ondes, c’est entrer dans une des formes possibles
d’évangélisation, de renouvellement et de communion même. Il est vrai que
l’exhortation y est nourrissante, souvent prophétique. Agrandir, élargir
l’Eglise que l’on connait, entendre les Ecritures et les frères alors même que
l’on ne peut pas se rendre dans une communauté proche, c’est déplacer nos
certitudes ou nos immobilismes.
« Ecoute »
dit le Seigneur, moi qui t’ai fait sortir du pays d’Egypte.
Nos
Egypte sont nombreuses : maladies, solitude, isolement, angoisse. Ecouter
les voix c’est élargir l’espace, entendre la présence du Seigneur dans son
histoire et la vivre dans l’instant. Ce que nous offrent toutes les émissions
religieuses de France-Culture du dimanche.
« Ecoute »
dit le Seigneur ! Les chants et les répondent avec les prières à la Parole
de Dieu…qui nous a fait cette promesse :
« Je
vous donnerai un cœur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau, j’ôterai
de vous le cœur de pierre et vous donnerai
le cœur de chair » (Ez.36,26)
Françoise
Langlois
Dieu à la
Radio : proximité et distance.
Le dimanche matin, différents
média proposent d’écouter des émissions religieuses.
Pour ma part, j’opte pour la
radio. Au départ, ce fut plus par commodité que par intérêt.
Comme de nombreuses familles,
nous disposons d’un petit poste de radio dans notre salle d’eau.
C’est donc en faisant ma
toilette que j’écoute le déroulement des émissions radiodiffusées sur France
Culture le dimanche matin. Cette émission me parle. Pas d’images toute faites
comme à la TV, Elle
diffuse un message qui interpelle mon imaginaire. Et me laisse une
liberté d’interpréter ces paroles, comme je le désire. Et puis, je suis surpris
par la proximité qu’impose la radio. Cette émission m’interpelle dans un
endroit où je suis seul avec mon intimité : la salle de bain. Il n’y a que
la radio qui puisse entrer dans cet endroit où la glace au-dessus du lavabo me
place seul face à moi-même et où seule la pudeur préserve ma personne.
J’esquisse toujours un sourire lorsque je me remémore cette scène : ne
ressemble-t-elle pas à cette parabole d’Adam entendant la voix de Dieu dans sa
tenue d’Eve ?
Si le message de la radio est
proche au point de nous rejoindre dans notre intimité, voir notre intériorité,
je n’oublie pas que cette radio diffuse de Paris ou d’ailleurs et que c’est de là
que me viennent ces paroles. Je ne les invente pas ; elles n’émanent pas
de moi. N’est-ce pas quelqu’un d’autre qui me les annonce ! Faisant
résonance en moi, ces paroles entendues dans l’intimité sont d’une radicale
altérité.
L’apôtre Paul nous dit que la
foi vient de ce que l’on entend (Ro 10.17). La radio n’est-elle pas, dans ce
jeu de proximité et de distance, le média qui correspond le plus à cette
croyance ?
Olivier
Putz
L’Internet vu par Jérôme Cottin
« L'
Internet change l’Eglise. »
L’Internet produit-il du lien social ou en
détruit-il ?
Cela dépend de l’usage que l’on en fait. Comme toute technique, c’est à la fois
une chance et un risque. C’est pourquoi il est important d’avoir une réflexion
sur ce média et sur l’utilisation que nous voulons en faire. Sans cette
réflexion, c’est lui qui nous utilise.
Car l’Internet est plus qu’un média, c’est aussi
une culture. On peut difficilement y échapper. Il est partout et multiforme,
dans notre vie professionnelle, familiale, associative et dans nos loisirs.
C’est un ensemble de réseaux qui génère une nouvelle vision du monde, en
établissant de nouveaux rapports à l’espace et au temps, en abolissant les
frontières.
Même si je ne suis pas naïf, je suis fondamentalement optimiste. L’Internet est
une source de connaissances et de relations. Je pense qu’il faut intégrer les
nouvelles technologies dans les relations interpersonnelles. Dans ce sens,
elles peuvent créer ou renforcer du lien social. Mais le risque existe aussi
que des personnes ayant du mal à communiquer s’isolent derrière leur écran. En
se donnant l’illusion de communiquer, elles ne communiquent qu’avec
elles-mêmes. L’internet peut être un
refuge, une façon de refuser le réel. Il faut donc être vigilant et accompagner
les utilisateurs.
Car on ne peut pas rester dans le virtuel pur. La relation doit passer par le
réel. Sinon, on risque de ne plus savoir avec qui on communique, d’entretenir
une relation fantasmée qui ne sera qu’un leurre. Il faut la vérification du
réel.
L’Eglise doit-elle être présente sur l’Internet
?
L’Eglise a des valeurs à faire valoir, pour créer des communautés solidaires.
Elle peut tout à fait utiliser l’Internet dans le sens de son message. Mais
attention au glissement vers l’idole : ne pas diviniser la technologie, ne pas
lui donner un surplus de croyance quasi divin. En même temps, l’Eglise doit
être présente dans ces lieux de vie, car c’est là, aussi, que s’échangent des
mots.
Si
l’Eglise est dans le monde et non pas à côté, et si le monde est aussi forgé
dans le virtuel, alors elle doit y être.
L’Eglise a un double rôle : utiliser les nouveaux
médias pour sortir son message
hors des murs, tout en ayant une prise de distance et une vigilance éthique. L’Internet
est un espace public et gratuit ouvert 24 heures sur 24. Nous avons là la
possibilité de nous faire entendre par tout le monde au-delà de nos
frontières.
L’internet
est donc un moyen d’évangélisation ?
Nous voyons aujourd’hui des gens venir à un culte après des recherches sur l’Internet.
Ils n’y cherchaient pas notre adresse, mais notre message. L’Internet permet de découvrir sans se révéler. Les gens
nous testent. Il faut donc faire attention à la qualité de ce qui est mis en
ligne. Car, contrairement à ce que l’on dit, les gens cherchent de la qualité
et du vrai contenu sur l’Internet. Il nous faut donc être convaincant et
tolérant.
Voici
deux exemples. Un pasteur adventiste du sud du Portugal a découvert le site
Internet d’une Eglise locale réformée en France. Il a tellement aimé les
prédications qu’il a commencé à cotiser à cette Eglise, car il s’en sentait un
paroissien réel. Cela paie de mettre des prédications en ligne !
Un
Canadien
venait régulièrement visiter le site Internet d’une Eglise locale française.
Quand il a eu l’occasion de venir passer quelques mois en France, il a choisi
le lieu de son séjour en fonction
de cette Eglise, pour pouvoir participer à ses activités.
On découvre ainsi que des paroissiens qui avaient un rayonnement local se
mettent à avoir des relations internationales : la paroisse devient à la fois
locale et universelle ! L’Internet change la société, et l’Internet change
l’Eglise. Il faut l’accompagner sans en avoir peur. L’Internet est un média
protestant : c’est la parole partagée. Tout le monde peut parler et tout le
monde peut être à la fois émetteur et récepteur. J’y vois plus de potentialités
que de craintes.
Interview de Jérôme Cottin par Marie
Lefebvre-Billiez parue dans le journal Réforme
3178 du 01-06-2006. J.Cottin est responsable multi-média de l’Eglise réformée
de France.
Reproduit
avec l’aimable autorisation du journal Réforme.
http://www.reforme.net/
« Vers un
Christianisme virtuel »
Enjeux et défis
d’Internet
Par Jérôme Cottin
et Jean-Nicolas Bazin
Ed. Labor et Fides
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