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“Propositions” sera le mot d’aujourd’hui.
Au Seizième siècle c’est le mot “Thèses” qui désignait
les
affirmations que l’on veut faire discuter.
“Thèse”, c’est
exactement le mot grec Tithêmi : poser, placer, d’où “proposer”.
En octobre 1517, Luther rédige les « 95 thèses théologiques sur
la puissance des indulgences », il les fait imprimer, il les affiche
pour convoquer une dispute théologique. Un exercice universitaire
seulement ? Non. Car le thème, c’est la relation de l’homme à
Dieu : Luther ne ménage pas sa peine pour contourner les
procédures et publier le document, très largement, sans attendre
les autorisations du prince ou de l’évêque.
Aujourd’hui, les 95 thèses de Luther semblent compliquées et
dépassées. On a reconnu que les condamnations réciproques
proclamées au cours du XVI° siècle et du Concile de Trente ne
concernent ni les enseignements protestants, ni les doctrines
catholiques convenablement expliquées (Déclaration commune
concernant la doctrine de la justification, octobre 1999). C’est
dire qu’enfin elle a eu lieu, la discussion que Luther disait vouloir
provoquer. Elle n’est sûrement pas close.
Dans cette affaire, ce qui pourrait rester aujourd’hui encore très
protestant, c’est la méthode : présenter des “thèses” avec une
conviction très forte, pour les discuter.
Peut-être n’avons-nous pas une vérité à défendre avec vigueur,
une conviction à porter comme à l’époque de Luther ?
Vraiment pas ? ...
Si. Sans aucun doute, Dieu appelle chacun à prendre position, à
prendre “pro-position”. Celui qui est pris par l’amour de Dieu et
par le sens de sa justice et qui veut le servir ne peut être tiède.
Vous savez que nous voulons être Église de débat et de partage.
Vous avez aussi compris que le débat et le partage, ça ne marche
qu’avec des convictions fortes.
Zoltan Zalay
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