|
Page 1 sur 7
Paroisse, mon amour…
Depuis toujours – depuis Lui, Elle et la Pomme – des tierces éléments ont servi tantôt d’accélérateur,
tantôt de soupape dans la gestion délicate des tensions présentes dans tout couple : Il joue au tiercé,elle picole, il a une affaire, elle se plaint auprès de maman. Avec une infinité de stratégies plus ou moins acceptables ou avouables des hommes et des femmes gèrent les distances entre eux dans le vivre ensemble conjugal.
Et
dans cette palette peut se trouver l’expression de la foi, surtout
quand notre partenaire n’est pas en pleine sympathie avec nos
convictions. Mais loin d’être fade ou neutre, un tel engagement partage
les dynamiques d’une liaison amoureuse – avec le Dieu d’amour, bien sûr
! - La foi, comme l’amour, est une affaire du cœur. La foi, comme
l’amour, réclame notre fidélité, la foi, comme l’amour, se vit dans un
tissu de relations. Et de manière récurrente, nous devons choisir : Ou
bien donner expression à sa foi, au risque d’agacer le conjoint, ou
bien restreindre ses élans spirituels en faveur d’une harmonie
domestique.
Privilégier l’individualité ou l’ensemble, la fidélité à soi ou la fidélité à l’autre ?
Drôle
de dilemme, quand la foi devait être si simple ! Drôle de dilemme pour
l’église, de savoir comment y répondre, surtout quand on perçoit un
certain malaise, quelle que soit l’orientation prise. Faut-il avoir la
dureté des paroles de Jésus en Matthieu 10. 34-37
« …Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi…» ?
Ou
plutôt adopter une position de faiblesse – disons d’humilité – en se
satisfaisant de rendez-vous hâtifs, comme auprès d’une maîtresse ou
d’un amant, prêt à être abandonné, dès qu’il y a « la famille à la
maison » ou autre réclamation sur le corps ou l’âme de celui qui se
trouve ainsi tiraillé entre deux bien-aimés ?
Evidemment,
il n’y a pas de réponse simple ou unique à cette interrogation qui
confronte tout individu, mais j’ai voulu mettre en exergue ce triangle
entre le paroissien*, sa famille et son église pour insister que loin
d’être un obstacle ou une distraction qui nous empêche de vivre
pleinement notre foi, cela peut devenir le lieu même où celle-ci se
joue – pour le meilleur et le pire.
Quentin Braddock
*Il s’agit plus souvent, probablement, de la
paroissienne, mais plutôt que de chercher une juste répartition entre
les sexes ou de compliquer encore plus la métaphore, j’ai choisi de
privilégier le masculin.
|