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L’évangile dans la rue,
enfin
Madagascar. Je suis les
évènements de la Grande Ile. Sans
mépris ni condescendance.
Je n’ai jamais été dans votre pays,
mais j’ai souvent accueilli des amis et
échangé, et dimanche nous faisons le culte
ensemble à Saint Eloi.
Comme des frères et sœurs bien aimés de
Dieu. Marc
Ravelomanana ? Andry Raoelina ? - un "duel
d’hommes ’affaires" a titré le journal
d’hier. L’un chasse l’autre par la magie
de la rue. Qu’attendre
du nouveau ? Je ne sais pas. Les Églises, protestante et
catholique, ne se sont-elles pas
laissées prendre, bloquer dans les filets des appartenances
de ces chefs ?
Douleur en tous cas : nous avons vu la pauvreté couvrir vos
terres, les inégalités exploser, le courage et la
confiance
s’effacer. Notre rôle dans tout ça,
à nous anciens occupants ? Si nous avons encore un
rôle, il ne s’est pas dit, ou si peu.
Silences.
Partagerai-je
mes sentiments devant
les trépidations dans la Grande Église ?
Tristesse
partagée devant ces faux-pas. Devant ces fautes. La main
tendue à un "évêque"
schismatique, intégriste et
négationniste.
L’ex-communication
des médecins et de la famille qui sont intervenus pour une
fillette
brésilienne violée. Au lieu d’une
parole de vie, l’Afrique, elle aussi, retient des paroles de
condamnation sur le préservatif et le sida. Encore. On
n’entend
peut-être pas bien les paroles du pape et de
l’évêque
brésilien, mais quand même on se trouve tristes
d’entendre ces
mélodies-là.
Vient la rue, enfin. Et la rue
réagit, fort, c’est sans doute nouveau.
L’Église aussi, oui l’Église
réagit.
Des fidèles à la sortie de la messe. Des
évêques qui
prennent position et publient leur désaccord. Un
débat s’ouvre,
dans l’Eglise catholique enfin, et dans la
société. La presse nonreligieuse s’y
met : elle
réclame quoi ? La bonne nouvelle tout simplement. Des
journalistes,
athées peut-être (?), le disent et
l’écrivent :
de quoi les hommes et les femmes ont-ils besoin ? D’une
Parole nourrie
d’espérance, de charité, de vie. De
Jésus Christ. Ils annoncent, ces journalistes,
à leurs lecteurs le chemin de la miséricorde de
Jésus.
C’est cela, pas moins, qu’ils réclament
à l’Église, au clergé.
Jésus l’avait
dit : « les pierres crieront ! ».
Ce
chemin-de-croix nouveau me touche : un chemin émouvant,
déroutant, vrai.
L’évangile est réclamé pour
les foules, dans les médias, dans les rues, dehors. Comme
à la fête des Rameaux quand Jésus monte
à
Jérusalem. Comme au Golgotha quand Jésus
cède sa vie. Comme
au sépulcre où il affronte et triomphe de la
mort. Quand
nous serons passés par l’humiliation de nos
paroles blessées, alors parlera et vivra le Christ.
Le crucifié qui vit, qui pardonne et qui fait vivre : Christ
est
ressuscité !
Zoltan
Zalay
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