Editorial du LIEN FRATERNEL de janvier 2010
Frères,
Le mois de janvier est la période des voeux. Chacun prend sa plume pour adresser à son entourage, proche ou lointain, ses pensées les meilleures.
Certes, c’est un exercice imposé. Néanmoins, qui n’est pas content de recevoir un témoignage d’attention, un petit signe qui nous réjouit et nous rappelle que nous existons encore aux yeux de quelqu’un. Cela contribue, d’une manière, un peu formelle et rituelle, à faire vivre cette grande notion que l’on nomme la fraternité.
Ecrire, un geste modeste et bien souvent ultime lien qui persiste entre deux êtres humains. Il nous faut cultiver cette fraternité là : cet « être avec l’autre ».
Témoignons-nous ces marques de respect et d’amour qui se transmettent à travers quelques mots. Cela réchauffera nos coeurs dans cette période hivernale. Et, il nous en faut de la chaleur fraternelle. Car 2010 nous apporte un refroidissement glacial. Et ce refroidissement s’annonce sur la fraternité. Non pas celle qui nous pousse à écrire à nos proches. Ceux qui partagent plus ou moins nos opinions, valeurs, idéaux ou convictions religieuses. On ne remet pas en cause l’entre soi. Ce qui est attaqué, c’est la fraternité que l’on retrouve en Lc 10.33 dans la parabole dite du bon samaritain. Cette fraternité qui nous invite à nous soucier du sort des autres, de ceux que l’on ne connaît pas, qui nous sont étrangers. En particulier, quand ces autres sont les plus fragiles et les plus faibles. La fraternité que l’on retrouve dans cette parabole, nous oblige à considérer que la faiblesse des autres ne nous est pas étrangère. Bien plus, le besoin exprimé à travers cette fragilité, nous rend responsable de celui qui souffre et qui n’a plus rien. Elle nous oblige «à prendre soin de lui»1. Un vent glacial souffle sur la fraternité, ce souci des autres, lorsque l’on confond étranger et immigré, identité et nationalité , hospitalité et repli sur soi. Aux yeux de Dieu, nous sommes tous ses créatures. Tous les hommes sont frères dans leur humanité. Il y va de notre responsabilité de le proclamer au monde, de le vivre dans le monde.
Devant Dieu, lorsque nous verrons son Glorieux visage, nous devrons répondre à une question. Rien qu’une question : «qu’as-tu fait de ton frère ?»2. Alors mes amis, écrivons-nous de chaleureux voeux, mais témoignons aussi, en paroles et en actes, de ce souci des autres, au nom de l’Autre.
Olivier Putz
1 Lc 33.35 NBS
2 Gn 4.10
Image: www.deliciarum.info
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