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Force et fragilité
Étonnante, Luther
écrivait que celui qui veut découvrir Dieu, doit s’incliner devant Sa crèche.
Le
Réformateur allemand rappelle une des spécificités du christianisme : Dieu
s’est fait homme. Seulement 2 évangiles content l’histoire de Noël, Matthieu et
Luc. Les autres font coïncider l’incarnation du Fils de Dieu avec le début du
ministère terrestre de Jésus, son baptême. Pourquoi la crèche prend-elle donc une
si grande importance, tant chez nous que chez Luther, au point de croire que
tous les évangiles parlent de Noël ?
En
associant le concept d’incarnation à celui de la crèche, les premiers chrétiens
et une longue tradition à leur suite, veulent qualifier cette incarnation. La
crèche dit quelque chose de particulier de l’homme. Dans la crèche, c’est le
petit de l’homme qui est mis en avant, célébrer, adorer. Dieu tout puissant
prend forme dans le corps d’un bébé. Cet être fragile et impuissant. Ce bébé a
besoin du lait de sa mère pour vivre, mais aussi de tendresse et d’affection.
Toutes ces relations dont la délicatesse n’a d’équivalent que sa nécessité.
Dans cette relation avec l’enfant, qui se tisse à Noël, la fragilité et
l’impuissance sont mises en exergue. Noël, c’est la reconnaissance que l’amour
se tisse dans l’acceptation de la fragilité et de l’impuissance. Cette
reconnaissance n’est pas réservée qu’au nouveau né. Toute personne marquée par
un sort injuste, touchée par une maladie, brisée par une souffrance est ce
nouveau né : un être fragile et impuissant. Sommes-nous capable de la
re-connaître ? Sommes-nous capable de l’aimer comme nous aimons l’enfant
de la crèche ? Tel est le mystère de Noël ! Si Luther nous invite à
nous incliner devant la crèche, n’est-ce pas parce qu’elle anticipe la Croix ? Cette crèche,
cette Croix, qui nous rappelle que notre force réside
dans Sa fragilité.
Olivier
Putz
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