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Babylone,
entre mythe et histoire
Durant
son histoire, la petite nation d’Israël a régulièrement été confrontée à ses
puissants voisins. Mais aucun, pas même l’Egypte, n’a marqué aussi durablement
l’esprit des auteurs bibliques que Babylone : en plus des prophètes de
l’exil, de grands épisodes bibliques (la création du monde, le déluge, la tour
de Babel) ont sans doute vu le jour à Babylone. C’est précisément cette
Babylone historique et mythique que se propose de nous faire découvrir le
Louvre à travers des pièces venant également du Staatliche Museum de Berlin et
du British Museum.
L’exposition
commence de manière classique, de Hammourabi à Nabuchodonosor, les tablettes
cunéiformes et les oeuvres d’art (dont la splendide Reine de la nuit) faisant
revivre cette civilisation qui s’étendit sur près de 2000 ans. Au-delà de
l’intérêt archéologique et esthétique, je trouve toujours troublants ces objets
qui nous viennent, à travers les âges, du monde des auteurs bibliques. Chaque
collier, chaque sceau, chaque statuette nous rappellent que le monde de la
Bible n’est pas un monde imaginaire mais bien notre monde et notre histoire.
Bien sûr, l’histoire de Babylone nous est racontée, loin du prisme biblique,
celle non pas d’un terrifiant « méchant » mais d’une culture
remarquable (qui suscita même l’admiration de ses vainqueurs) entre son ascension
sous Hammourabi, son déclin dans l’ombre de l’Assyrie et sa renaissance sous
Nabopolassar et Nabuchodonosor II avant d’être soumise à l’empire Perse.
Mais
l’exposition ne se limite pas à la Babylone historique : après nous avoir
présenté la « Porte des dieux », elle nous présente la Babylone
mythique qui fut de l’Apocalypse à la Renaissance, symbole de l’orgueil déchu.
Un mythe qui varie selon les époques et que l’exposition présente de manière
tout aussi pédagogique que l’histoire babylonienne.
Cependant,
une tentative de réhabilitation de Babylone me fait quelque peu sourire :
« Comment La Bible a-t-elle pu voir un geste impie dans l’élévation de la
grande ziggourat de Babylone (la tour de Babel) alors que c’était bien un
monument élevé à la gloire de la divinité et non un geste de défi. Comme si
notre prétention à élever des monuments à la gloire de Dieu ne pouvait pas être
aussi un geste de l’orgueil humain…Quoiqu’il en soit,
l’exposition peut se visiter à deux vitesses : les passionnés s’arrêteront
devant chaque pièce, liront les nombreuses explications et sauront tout sur
Semiramis, Pazuzu et autres Lamashtu ; on peut aussi simplement y flâner,
renoncer à s’arrêter devant chaque sceau royal et à tout enregistrer de la
mythologie babylonienne pour profiter des plus belles œuvres, des
reconstitutions de l’entrée de Babylone et de l’imaginaire des peintres
ultérieurs.
Au
chapitre des regrets : la pénombre
de certaines salles ne facilite pas toujours la lecture des panneaux
explicatifs, la courte durée de l’exposition qui finira le 2 juin et une
certaine affluence qui empêche parfois d’aller à son rythme…
Eric
Georges, pasteur à Evreux c
Si vous avez envie de visiter cette
exposition, et voulez vous associer à d’autres de notre secteur, Pierre
Langlois, professeur d’histoire, de l’Eglise réformée d’Elbeuf, l’a déjà
visitée, et est prêt à accompagner un groupe en tant que guide le samedi 31
mai. Si cela vous intéresse, veuillez le contacter au 02 35 81 02 96 ou à
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(le voyage aura lieu s’il y a 5 participants au moins).
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