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Écrit par Administrator
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Y être…ne pas y être
Voilà. Depuis le 11 mai, l’album de photos de l’Eglise réformée de Rouen est consultable au fond du temple. Plus de 200 personnes y figurent. Il ne nous reste plus qu’à le compulser pour lier des visages et des noms, pour lier davantage de relations, les uns avec les autres.C’est le seul but de ce trombinoscope. Mais sa création a soulevé bien des questions sur l’axe « appartenance – liberté ».
C’est une nouvelle forme de la question récurrente : qui fait partie de l’Eglise ? Sur quelle liste faut-il exister pour être connu ou reconnu ? Car ayant pris leur photo et demandé leur nom à des personnes qui me sont familières au temple, je ne les ai pas retrouvées sur le listing des récipiendaires du Lien. Est-ce important ? Faut-il pouvoir lier non seulement nom et visage, mais également adresse, n° de portable, courriel … Et à partir de quand celui qui n’est que de passage, se mue en habitué des lieux ? Quels critères pour avoir son portrait inscrit dans l’album (avec des échos trompeurs du livre de l’Agneau de l’Apocalypse) ? Le degré d’appartenance à l’Eglise se détermine t’il par le fait de connaître les autres, le lieu, l’église, son passé – ou d’être connu soi-même, et par qui ?
Paradoxalement, j’ai été heureux des 5% de ceux qui n’ont pas voulu être photographiés (et qui sait combien ont simplement évité l’objectif de mon appareil ?). C’est une manifestation concrète de la liberté à laquelle nous tenons. Tout individu doit pouvoir venir et partir dans l’anonymat ou simplement appartenir sans figurer dans notre album, sans être mis « dans la boîte ».
Mais nous avons aussi la liberté de nous approcher les uns des autres, sans être tenus à l’écart, gênés de ne pas connaître le nom de l’autre ou par un sentiment de ne pas appartenir au groupe. Que les visages souriants de l’album promeuvent cette liberté-là sans occulter l’autre !
Quentin Braddock
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